Oupa Koos – Une vie sur les Plateaux du Bokkeveld

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Koos Paulse « Oupa », petit producteur de rooibos et membre de la coopérative Heiveld © Yumanlink

Nous sommes assis à l’ombre d’une maison blanche au toit de chaume, dans le hameau de Blomfontein. C’est l’heure de la pause déjeuner pour l’équipe des cueilleurs de rooibos. Le hameau surplombe une vallée à perte de vue. Le premier village, Nieuwoudtville, est à plus de 40 km au nord. Les quinze membres de l’équipe sont partis de chez eux pour toute la semaine, les transports sont difficiles dans la région, il n’y a que le pick-up, le tracteur et sa remorque pour se déplacer.

« Je suis comme une de ces plantes. »

Je suis avec Koos Paulse surnommé Oupa Koos, il est le doyen de l’équipe et membre fondateur de la coopérative Heiveld. Sans tarder, il me pose quelques questions sur la vie et me parle de la sienne. Il regrette de ne pas savoir lire et écrire, la parole est donc le seul moyen de transmettre aux générations.

Sa mère était Bushman, un peuple de chasseurs-cueilleurs. «Je n’ai pas été à l’école, la nature m’a tout appris dans la vie. Je suis comme une de ces plantes à côté de nous, je les aime, elles me remplissent de joie. Toute ma vie je ne me suis soigné qu’avec elles.» Son quotidien est rythmé par la nature. «Lorsque les moutons sautent et s’amusent, je sais qu’il va pleuvoir le lendemain. Tout est autour de moi, je n’ai qu’à regarder, sentir, écouter.»

Le Bokkeveld est une zone de biodiversité unique au monde, Oupa la connait parfaitement. Il est heureux de voir parfois des scientifiques venir à sa rencontre en lui demandant de bien vouloir leur transmettre son savoir. Etrange destin pour lui qui a connu « l’homme blanc » sous un tout autre visage.

« Tu ne me frapperas plus. »

« L’homme blanc m’a torturé pendant l’apartheid, il m’a insulté et frappé. Ce n’était pas nécessaire de me battre! Il pouvait très bien me parler avec respect. Au lieu de ça, je devais m’agenouiller. Cela a duré jusqu’au jour de mes 21 ans. J’étais en train de récolter le rooibos et il me frappait dessus. Je l’ai alors saisi, bloqué à terre et dit « Tu ne me frapperas plus ». J’ai alors quitté ma ferme, sans rien, juste une boite d’allumettes. » Et Oupa a vécu, grandit, construit.

En vivant avec la nature, il a regardé les brebis mettre à bas. Il m’a alors expliqué comment il est devenu « sage-femme ». Il a arpenté les campagnes pour aider des nombreuses femmes à accoucher. « J’ai donné la vie. Je ne sais plus combien de fois… ». La coopérative Heiveld est une de ses fiertés. « J’ai dormi sous les rochers. Je travaillais dur et ne gagnais presque rien avec le rooibos récolté. La coopérative, l’agriculture biologique, le commerce équitable nous permettent aujourd’hui de mieux vivre et de construire un bon avenir pour les plus jeunes. »

« Tout fut bon. »

Oupa conclut « Il n’y a rien qui se soit passé auparavant que je puisse qualifier de mauvais. Tout fut bon. Je me souviens précisément des coups de l’homme blanc. Il est aujourd’hui aussi bon que mon frère, ce qui ne fut pas le cas avant. Tu vois, cette évolution est quelque chose de bon, c’est ce que je ressens.» Son ami Martin nous rejoint, il est l’heure de retourner sur les hauts-plateaux et de poursuivre la récolte.

Préparé avec les membres de la coopérative Heiveld,
partez à la rencontre de Oupa, sur cette terre de liberté
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La vie de Tempie

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Tempie, petite productrice de rooibos et membre de la coopérative Heiveld © Yumanlink

Il est 05 h et le soleil se lève en Afrique du Sud, sur les hauts plateaux du Bokkeveld au nord de Cape Town. C’est la lumière du jour et le coq de Tempie qui me réveillent, il n’y a pas d’électricité dans le village.

La vie dans le Bokkeveld

Petite productrice de rooibos et membre de la coopérative Heiveld, Tempie vit dans le hameau de Melkraal. À 67 ans, elle mène une vie simple avec sa famille, ses amis, ses poules et la nature. Elle confie que le quotidien est parfois difficile, mais qu’ici elle est « libre et en paix ».

Tempie a traversé ce que l’on puisse connaître de pire dans une vie, la barbarie de l’apartheid, la maladie, et bien trop de proches qu’elle a vu partir. Malgré cela, elle passe chaque jour à sourire, à danser et à rire aux éclats. Et comme on peut le voir sur cette photo, ses yeux brillent de joie à chaque instant.

Ecolodge du bout du monde

Accompagnée de ses trois meilleures amies Katerina, Maria et Lina, elles ont créé une petite écolodge perdue sur les hauts plateaux semi-désertiques. Avec les voyages Yumanlink, elles souhaitent accueillir des invités pour partager des moments de vie, et pour transmettre la culture et les traditions de leurs ancêtres les Bushmen. Tribu nomade chasseurs-cueilleurs, ils sont le plus ancien peuple d’Afrique Australe.

Anecdote d’un autre monde, tellement loin des moyens de communication modernes occidentaux, Tempie explique avec fierté qu’elles ont installé un panneau au bord de la piste en terre qui mène à l’écolodge pour signifier aux voyageurs qu’ils peuvent s’arrêter. Mais il faut dire que les passants sont rares dans la région.

Une rencontre qui marque votre vie

Lorsqu’ après une journée à découvrir les paysages époustouflants du Bokkeveld, vous revenez vous assoir devant votre hutte, Tempie surgit de nulle part, elle s’installe à vos côtés en souriant et vous prends la main. Tout simplement, sans raison. Et le soir venu, après un repas partagé, elle rentre à la maison en faisant tournoyer sa robe couleurs arc en ciel.

Tempie n’est pas une image, ni une histoire, c’est une rencontre qui marque votre vie.

Bienvenue dans le Bokkeveld!



Ecolodge Heiveld

Crédits photos: Yumanlink – Eric Garnier – Claire Thomas

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